Exposition Surréalisme au féminin ? | Musée de Montmartre Jardins Renoir

Le Musée de Montmartre propose une exposition qui explore les degrés et les différentes formes d’adhésion de femmes artistes et poètes, au mouvement surréaliste. Cinquante d’entre elles sont représentées dans le parcours, avec près de 150 œuvres exposées.

Surréalisme au féminin ?

Mouvement provocateur et dynamique, le surréalisme déclenche au 20ème siècle un renouvellement esthétique et des bouleversements éthiques. Les hommes ne sont pas les seuls à avoir rendu vivants ce courant et ses transgressions : de nombreuses femmes en furent des actrices majeures mais néanmoins mésestimées par les musées et minorées par le marché de l’art.

Ainsi, l’exposition a pour ambition de présenter des artistes majeures telles que Claude CahunToyenDora MaarLee MillerMeret Oppenheim et Leonora Carrington mais également de mettre en lumière d’autres personnalités moins connues comme Marion Adnams, Ithell Colquhoun, Grace Pailthorpe, Jane Graverol, Suzanne Van Damme, Rita Kernn-Larsenn, Franciska Clausen ou encore Josette Exandier et Yahne Le Toumelin.

Le surréalisme offrit à celles-ci un cadre d’expression et de créativité qui n’eut sans doute pas d’équivalent dans les autres mouvements d’avant-garde. Pourtant, c’est souvent en s’appropriant et en étendant des thèmes initiés par les « leaders » du mouvement qu’elles exprimèrent leur liberté. C’est aussi en se dégageant de ce qui devint parfois une doxa surréaliste qu’elles s’affirmèrent. « Tout contre » le surréalisme, c’est ainsi que l’on pourrait définir leurs positions diversifiées et complexes à l’égard du mouvement.

Des années trente aux années soixante-dix, le « surréalisme féminin » forme des constellations éphémères, au gré de ralliements au mouve­ment souvent temporaires mais aussi d’amitiés qui se nouent hors de ce cadre. L’imaginaire de ces artistes n’est pas aligné sur celui des figures masculines du groupe. Leurs pratiques, fréque­mment interdisciplinaires – picturales, photo­graphiques, sculpturales, cinématographiques, littéraires… – expriment leur volonté d’échap­pées belles au-delà des normes hétérosexuelles et des frontières géographiques.

C’est une cartographie d’un mouvement éclaté et mondialisé que l’exposition esquisse en évoquant les artistes des foyers belge, mexicain, britannique, américain, praguois et français du surréalisme qu’elles ont enrichis, passant parfois de l’un à l’autre.

En révélant les travaux d’une cinquantaine d’artistes, plasticiennes, photographes et poètes du monde entier, cette exposition invite à réfléchir non seulement à l’ambivalente position des femmes dans le surréalisme, mais aussi à la capacité d’un des courants majeurs du 20ème siècle d’intégrer du féminin en son sein.

Le point d’interrogation du titre dit le suspens qui sous-tend cette exposition, conçue comme une hypothèse plutôt que comme une démonstration. Elle propose un inventaire non exhaustif, et pour une part subjectif, qui tente de cerner ce qui serait la part féminine du surréalisme.

L’exposition se déploie en sept sections thématiques (Métamorphose, Nature, Séductions et féminité plurielle, Chimères, Architectures, Nuits intérieures, Abstractions) indépendantes de la chronologie de l’histoire du surréalisme après une première salle à vocation documentaire. Cette dernière offre un panorama des artistes et des poètes évoquées tout en insistant sur les complicités qui les lient et la composante amicale d’une créativité féminine qui mêle fréquemment l’art et la vie.

La fascination que Montmartre exerce sur la communauté surréaliste est indéniable. C’est un quartier que les surréalistes arpentent, habitent et rêvent : un espace de fantasmes et de divertissements populaires. Aragon célèbre en Montmartre « une espèce de creuset de l’imagination où les pires conventions, la plus basse littérature se fondent avec la réalité des désirs, la simplicité des désirs, et ce qu’il y a de plus libre, d’inaliénable en moi, je veux dire en l’homme. ». C’est aussi la situation géographique de la butte et la vue panoramique qu’elle offre sur la capitale qui séduisent Breton : « Il faut aller voir de bon matin du haut de la colline du Sacré-Coeur, à Paris, la ville se dégager lentement de ses voiles splendides, avant d’étendre les bras. »

L’exposition bénéficie d’importants prêts institutionnels, notamment du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, du Musée d’art moderne de Paris, du Centre national des arts plastiques Paris, des Musées royaux des Beaux-arts de Belgique, du Musée d’arts de Nantes, du Musée des Beaux-Arts de Rouen, de la MABA (Maison d’Art Bernard Anthonioz) à Nogent-sur-Marne, du SMK – National Gallery of Denmark Statens Museum for Kunst de Copenhague et de nombreuses galeries et collections particulières prestigieuses.

Le Musée de Montmartre Jardins Renoir

Certainement le musée le plus charmant de Paris, le Musée de Montmartre Jardins Renoir a été créé en 1960 dans l’une des bâtisses les plus anciennes de la Butte, construite au XVIIe siècle. Lieu de rencontres et de résidence, le 12 rue Cortot attira de nombreux artistes. Auguste Renoir y eut son atelier tout comme Suzanne Valadon, Émile Bernard et les fauves Émile-Othon Friesz et Raoul Dufy.

Les collections permanentes

Depuis 1960, les collections de la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre » sont exposées au Musée de Montmartre, dans l’une des plus anciennes bâtisses de la Butte. Elles sont composées de plus 6 000 oeuvres et plus de 100 000 pièces d’archives : peintures, affiches et dessins signés Toulouse-Lautrec, Modigliani, Kupka, Steinlen, Valadon, Utrillo…

Le parcours de visite revient sur l’histoire de la Butte, l’effervescence artistique de ses ateliers, du Bateau-Lavoir à l’atelier Cortot, et l’ambiance de ses célèbres cabarets, du Lapin Agile au Moulin Rouge. Une salle est dédiée au French Cancan, une autre met en scène le théâtre d’ombres, ce décor onirique de plaques de zinc qui a fait la réputation du cabaret du Chat Noir.

Jardins Renoir

À deux pas de la place du Tertre, les trois Jardins Renoir entourent le Musée de Montmartre et dominent les vignes. Ils ont été nommés en souvenir d’Auguste Renoir, le peintre impressionniste qui vécut sur place entre 1876 et y peignit plusieurs chefs-d’oeuvre, comme le Bal du moulin de la Galette, La Balançoire ou le Jardin de la rue Cortot. Les Jardins Renoir offrent une vue exceptionnelle sur les vignes du Clos Montmartre et, au-delà, la vaste plaine au nord de Paris.

Atelier-appartement de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo

Haut lieu de la création à Montmartre au début du XXème siècle, ce bâtiment de la rue Cortot fut successivement occupé par les peintres « fauves » Émile-Othon Friesz et Raoul Dufy, par Émile Bernard, compagnon de Gauguin, ou encore par les écrivains Léon Bloy et Pierre Reverdy. Suzanne Valadon vint s’y installer une première fois en 1898, puis y revient en 1912. Elle y resta jusqu’en 1926, avec son fils Maurice Utrillo et son compagnon André Utter. Valadon est restée célèbre pour être l’une des premières femmes peintres ; quant à Utrillo, il a laissé des vues inoubliables de Montmartre. Leur atelier a été minutieusement reconstitué, tel qu’il était lorsque les peintres y habitaient.

Café Renoir

Le Café Renoir est le point de chute rêvé pour se retrouver le temps d’une pause pour se déconnecter du tumulte de la ville. Sa verrière, décorée dans l’esprit d’un jardin d’hiver, s’ouvre sur les ravissants Jardins Renoir. Le salon de thé propose une carte de petite restauration changeante au fil des saisons avec une sélection de produits gourmands.

Expositions temporaires

Le Musée de Montmartre propose deux expositions temporaires chaque année. La programmation scientifique est consacrée aux artistes et aux mouvements d’avant-garde qui contribuèrent au foisonnement artistique à Montmartre : Van Dongen et le Bateau-Lavoir (2018), Otto Freundlich, la révélation de l’abstraction (2020), Le Paris de Dufy (2021-2022), Charles Camoin, un Fauve en liberté (2022), Fernande Olivier et Pablo Picasso, dans l’intimité du Bateau-Lavoir (2022-2023)…

Jane Graverol (1905-1984), Le Sacre de Printemps, 1960, huile sur toile
Jane Graverol (1905-1984), Le Sacre de Printemps, 1960, huile sur toile, RAW (Rediscovering Art by Women), © ADAGP, Paris, 2022, photo © Stéphane Pons

Informations utiles

Musée de Montmartre Jardins Renoir

12 rue Cortot – 75018 Paris

Tél. : 01 49 25 89 39

infos@museedemontmartre.fr

www.museedemontmartre.fr

Jours et horaires d’ouverture

Le musée est ouvert tous les jours

de 10h à 19h

Librairie-Boutique

La librairie-boutique est ouverte aux horaires du musée, y compris le dimanche et les jours fériés.

Accès

Lamarck-Caulaincourt (ligne 12)

Station Anvers (ligne 2)

Spread the love
Bernie
Bernie

Moi, c'est Bernie. Incubateur d'actualités pour vous informer autrement.

Articles: 11246

16 commentaires

  1. j’adore les expos, quand j’étais à Paris j’en râtais pas une !!
    le tableau « le sacre du printemps » me plaît beaucoup et me donne l’occasion de découvrir le peintre…
    Une idée pour mon prochain « tableau du samedi » !! hihi
    merci pour ce partage !! bonne journée

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *