journee-mondiale-cancer-poumon-diagnostic-precoce

Journée mondiale du cancer du poumon

Plus d’un an après la décision de la HAS recommandant l’engagement d’un programme pilote dans le dépistage du cancer du poumon (1), la Journée mondiale du cancer du poumon qui aura lieu ce mardi 1er août 2023, est l’occasion de faire le point sur les évolutions dans la prise en charge du cancer du poumon qui demeure la première cause de décès par cancer (2).

Lors du 27Congrès de pneumologie de langue française (CPLF), les résultats préliminaires de l’étude KBP-2020-CPHG (3) sur la survie globale à 2 ans chez des patients avec un cancer broncho-pulmonaire ont été présentés. Ces résultats sont très encourageants. En 20 ans, la survie a fortement progressé dans le cancer du poumon avec une baisse de mortalité de 26,6 % entre les années 2000 et 2020 (3)

Si cette évolution de la survie est particulièrement marquée chez les femmes, elle est parallèle à une inquiétante augmentation du cancer du poumon dans la population féminine ces dernières années, notamment chez les moins de 50 ans. En 20 ans, la proportion de femmes parmi les patients atteints d’un cancer du poumon a plus que doublé (3).

Malheureusement, de nombreux patients ne peuvent actuellement pas bénéficier d’un traitement à visée curative. Parmi les 60% de patients diagnostiqués d’un cancer au stade métastatique, la plupart des cas sont considérés comme non curables (3). Le dépistage du cancer du poumon permettrait d’augmenter considérablement le nombre de patients pris en charge précocement (4).

Le dépistage a été abordé dans le baromètre des cancers 2021, publié par l’INCa en janvier 2023 (5). Cette enquête révèle que chez les fumeurs quotidiens, 82% seraient favorables à une participation à un programme de dépistage du cancer du poumon s’il était mis en place en France. Près d’un tiers des personnes interrogées, déclaraient d’ailleurs avoir déjà réalisé une radiographie ou un scanner des poumons (46% à la demande d’un professionnel de santé, 32% de leur propre initiative) (5).

Il est à noter qu’une information sur les modalités du dépistage par scanner, qui est aujourd’hui la méthode recommandée par les sociétés savantes françaises (6), est plus que nécessaire auprès des médecins. En effet, malgré son inefficacité avérée, la radiographie thoracique reste la modalité de dépistage la plus recommandée par les médecins généralistes. C’est ce que révèle une étude observationnelle descriptive des pratiques de dépistage menées dans les Hauts-de-France, réalisée notamment par le Dr Olivier Leleu du collectif « Ensemble Nous Poumons » (7). Dans cette étude, seule la moitié des médecins déclaraient avoir déjà prescrit un scanner thoracique pour dépister le cancer du poumon (7).

Le besoin d’information de la population générale est également fort sur le cancer du poumon et ses facteurs de risque. Le baromètre des cancers révèle qu’une personne sur deux (54,8%) pense que « Faire du sport permet de se nettoyer les poumons du tabac » (5).

Face à ce besoin d’informations de la population générale et des médecins, le collectif pluridisciplinaire de professionnels de santé et de représentants d’associations de patients, « Ensemble Nous Poumons« , s’est constitué en 2021. Une des missions du collectif est d’améliorer l’état des connaissances sur le cancer du poumon. Il s’adresse aux patients, leur entourage, ainsi qu’aux professionnels de santé. Certains membres du collectif sont par ailleurs parties-prenantes d’études pilotes dont l’objectif est de répondre à des questions méthodologiques et organisationnelles préalables à la possible mise en place d’un dépistage organisé du cancer du poumon au niveau national.

Prochains rendez-vous majeurs à venir :

  • IASLC World Conference on Lung Cancer (WCLC) – Congrès mondial sur le cancer du poumon qui aura lieu du 9 au 12 septembre à Singapour
  • le congrès de l’ESMO (Société européenne d’oncologie médicale) qui se tiendra du 20 au 24 octobre à Madrid
ensemble nous poumons cancer

1. HAS. Dépistage du cancer du poumon : la HAS recommande l’engagement d’un programme pilote. Février 2022.

signet22. Defossez G et al. Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018. 2019.

3. Debieuvre D et al. Lung cancer trends and tumor characteristic changes over 20 years (2000-2020): Results of three French consecutive nationwide prospective cohorts’ studies. Lancet Reg Health Eur. 2022;22:100492. L’étude KBP-CPHG est une étude observationnelle conduite tous les 10 ans au sein des hôpitaux non universitaires par le Collège des pneumologues des hôpitaux généraux, en France métropolitaine et DROM-COM. La cohorte 2020 de patients avec un cancer broncho-pulmonaire était de 8 999, répartis sur 82 centres. Voici les résultats préliminaires (2 515 données manquantes).

4. Leleu O et al. Lung Cancer Screening by Low-Dose CT Scan:Baseline Results of a French Prospective Study. Clin Lung Cancer. 2020;21:145-152.

5. INCa. Baromètre cancers 2021. Attitudes et comportements des Français face au cancer. 2023.

6. Recommandations de l’Intergroupe francophone de cancérologie thoracique, de la Société de pneumologie de langue française, et de la Société d’imagerie thoracique sur le dépistage du cancer bronchopulmonaire par tomodensitométrie à faible dose d’irradiation. Revue des Maladies Respiratoires. 2021;38:310-25

7. Marchal E et al. Behavior of general physicians about lung cancer screening in a French region hosting a pilot study. Respir Med Res. 2023 Feb 20;83:100992. Étude observationnelle descriptive des pratiques de dépistage en envoyant un questionnaire auto-rapporté à 1013 médecins généralistes exerçant dans la région Hauts-de-France.

Spread the love
Bernie
Bernie

Moi, c'est Bernie. Incubateur d'actualités pour vous informer autrement.

Publications: 11110

12 commentaires

  1. Ce serait vraiment une bonne idée d’instaurer un dépistage systématique. Mais en ce moment, j’ai l’impression qu’en matière de délai les dépistages sont sérieusement mis à mal . Inscrite avec  » Amodemaces » dans cette démarche, j’ai pris un rendez vous pour une mammographie, quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai vu la première date proposée , fin mars 2024 .

  2. Nous avons eu des cas dans la famllle, mon beau-père et maintenant un cousin, tous deux gros fumeurs…. hélas… merci Bernie !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *