Une fable poétique qui explore l’enracinement, les souvenirs et le déracinement à hauteur d’enfant.

Dès les premières pages de Le sac à souvenirs, j’ai été frappé par la puissance discrète du récit. Martine Delerm signe ici un album jeunesse qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher juste. Personnellement, je me suis immédiatement senti concerné par cette histoire, tant elle parle de ce que nous avons tous vécu ou redouté : la peur de perdre ce qui nous est cher.
Vous faites la connaissance de Sarane, une petite fille confrontée à une situation qui la dépasse. Sa mère est menacée d’expulsion et la perspective d’un départ plane au-dessus de leur quotidien. Rien n’est expliqué de manière frontale, et c’est précisément ce qui rend le récit si fort. Pour moi, cette retenue donne toute sa place à l’émotion.
Le déracinement vu par les yeux d’un enfant
Martine Delerm, dont j’avais découvert le style poétique et sensible dans dans « Les petites émotions » adopte le point de vue de l’enfant sans jamais le trahir. Sarane ne parle pas de lois, de frontières ou de procédures. Elle parle de sa chambre, de ses objets, de ses habitudes, de ce qui constitue son monde. En tant que lecteur, vous entrez dans cette logique affective, profondément humaine.
Personnellement, j’ai trouvé ce choix narratif bouleversant. Il nous rappelle que, pour un enfant, quitter un lieu, ce n’est pas seulement déménager : c’est perdre des repères, des souvenirs, une part de soi. Le sac à souvenirs met des mots simples sur une réalité complexe, sans jamais l’alourdir.
Un sac comme refuge émotionnel
Le sac que Sarane prépare est bien plus qu’un simple bagage. Il devient le réceptacle de tout ce qu’elle ne veut pas abandonner. Chaque objet glissé à l’intérieur porte une charge affective forte. Pour moi, ce sac symbolise la mémoire, l’identité, le besoin vital de continuité.
Vous vous surprendrez peut-être, comme moi, à réfléchir aux objets que vous emporteriez si vous deviez tout quitter. Ce livre agit comme un miroir : il nous pousse à revisiter nos propres attachements, parfois enfouis mais toujours présents.
Des illustrations au service du silence
Les illustrations de Martine Delerm jouent un rôle essentiel. Elles prolongent le texte, l’enrichissent, et parfois le remplacent. Les visages, les gestes, les couleurs traduisent ce que les mots suggèrent à peine. Personnellement, j’ai pris le temps de m’arrêter sur chaque image, tant elles participent à l’émotion globale.
Vous remarquerez que rien n’est excessif. Tout est dans la nuance, dans la suggestion. Ce parti pris graphique renforce la dimension poétique de l’album et invite à une lecture lente, presque méditative.
Un album pour enfants… et pour adultes
Même si Le sac à souvenirs est classé en littérature jeunesse, je suis convaincu qu’il s’adresse aussi pleinement aux adultes. Enfant, on s’identifie à Sarane. Adulte, on perçoit toute la gravité de la situation, la fragilité de l’équilibre familial, la peur silencieuse de la mère.
Pour moi, c’est cette double lecture qui fait la richesse du livre. Vous pouvez le lire seul, le partager avec un enfant, ou l’utiliser comme support de discussion. Chaque lecture ouvre une porte différente.
Une approche respectueuse des émotions
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que Martine Delerm ne cherche jamais à expliquer ce que le lecteur doit ressentir. Elle ne moralise pas, ne simplifie pas. Elle fait confiance à votre sensibilité. Pour moi, c’est la marque des livres qui durent.
Les émotions sont là, à fleur de page, mais jamais imposées. Vous êtes libre de les accueillir à votre rythme, selon votre propre histoire.
Le sac à souvenirs de Martine Delerm : questions fréquentes
Cet album peut être lu dès 5 ou 6 ans. Son langage simple permet aussi une lecture accompagnée avec des enfants plus jeunes.
Il traite du déracinement, de l’attachement, de la mémoire et de la peur du changement, avec une grande délicatesse.
Oui, il ouvre naturellement le dialogue sur les émotions, la perte de repères et le sentiment de « chez soi ».
Pourquoi ce livre reste profondément actuel
Même si l’album n’est pas récent, son propos reste d’une actualité frappante. Les thèmes du déracinement, de l’exil et de l’attachement n’ont rien perdu de leur résonance. Le sac à souvenirs évite les discours datés pour se concentrer sur l’essentiel : l’humain.
Personnellement, je considère ce livre comme un outil précieux pour développer l’empathie, chez les enfants comme chez les adultes. Je vous conseille vivement d’acheter Le sac à souvenirs. Il rappelle que derrière chaque situation difficile, il y a une histoire intime faite de souvenirs et d’émotions.











Cela doit-être bien
C’est même un pur bonheur
Des illustrations très délicates pour un thème qui l’est tout autant et dont on parle bien peu.