Récolte 2026 du Chasselas de Moissac AOP : la campagne démarre sous le signe d’un double anniversaire, entre grappes dorées et cahier des charges modernisé.

Chaque année, j’attends ce moment avec la même impatience : celui où les premières grappes dorées du Chasselas de Moissac réapparaissent sur les étals. Mais 2026 n’est pas une saison comme les autres. L’appellation souffle cette année ses 30 bougies d’AOP et célèbre en parallèle les 55 ans de son AOC, obtenue en 1971. Une double consécration pour ce raisin emblématique du Sud-Ouest, qui reste à ce jour le tout premier fruit frais de France à avoir décroché ce précieux sésame. Entre nouveau cahier des charges, transition agroécologique et campagne de communication inédite, cette récolte 2026 a beaucoup à raconter. Je vous emmène la découvrir.
Un double anniversaire historique : 30 ans d’AOP et 55 ans d’AOC
Il faut se replonger en 1971 pour comprendre l’importance de cette date. Le Chasselas de Moissac devient alors, contre toute attente, le premier fruit frais de France à obtenir une Appellation d’Origine Contrôlée. Une reconnaissance qui consacre déjà, à l’époque, un savoir-faire manuel et une exigence de qualité hors norme. Vingt-cinq ans plus tard, en 1996, l’AOP vient renforcer cette protection à l’échelle européenne, garantissant l’origine et la typicité du raisin sur tout le territoire de l’Union.
J’avais déjà eu l’occasion de raconter ici les 50 ans de l’AOC du Chasselas de Moissac, en 2021. Cinq ans plus tard, le fil se poursuit : ces deux labels comptent aujourd’hui parmi les plus anciens et les plus prestigieux du secteur fruitier français, et témoignent d’une transmission de génération en génération, entre chasselatières et chasselatiers du territoire.
Récolte 2026 du Chasselas de Moissac AOP : une saison sous le signe de l’exigence
La récolte a officiellement débuté, marquant le lancement d’une nouvelle saison pour ce fruit récolté exclusivement à la main. Malgré un contexte climatique exigeant, les premiers retours sont encourageants : les grappes affichent une maturité homogène, une belle couleur dorée et cette finesse aromatique si caractéristique du terroir moissagais.
Julien Custody, le nouveau président du Syndicat de Défense du Chasselas de Moissac AOP, salue d’ailleurs le travail remarquable réalisé cette année par la filière, dans un contexte de mutation profonde du secteur. Une filière qui, selon lui, prépare l’avenir tout en restant fidèle à son identité.
Un nouveau cahier des charges plus exigeant et plus vert
Cette campagne 2026 s’ouvre aussi sous le signe du renouveau réglementaire. Un cahier des charges modernisé est entré en vigueur le 25 mars 2026, et il change plusieurs choses concrètement :
- Interdiction totale du désherbage chimique dans l’inter-rang
- Écartement des rangs porté à 4 mètres, pour une meilleure aération du vignoble
- Rendements réévalués à 15 t/ha pour les vignes à un plan, et 18 t/ha pour celles à deux plans
- Conditionnement à la vigne désormais autorisé, sous conditions strictes (plateaux uniquement)
- Déclaration des nouveaux habilités possible jusqu’au 30 juin
Autant d’avancées qui renforcent la crédibilité de l’appellation, tout en l’adaptant aux réalités agronomiques et climatiques actuelles.
Chasselas de Moissac AOP : une filière fragile mais résiliente
Les chiffres 2026 racontent une réalité contrastée. La filière rassemble aujourd’hui 146 producteurs, pour 303 hectares identifiés, une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années. Pourtant, la détermination reste intacte : en 2025, la production s’établissait à 1 729 tonnes, contre 1 832 tonnes en 2024, avec une répartition stable entre plateaux 4 kg (45 %), barquettes (38 %) et plateaux 8 kg (16,5 %).
Personnellement, je trouve que ces chiffres racontent surtout une chose : celle d’une filière qui refuse de sacrifier la qualité, même quand le contexte devient plus difficile.
La transition agroécologique s’accélère dans le vignoble
La campagne 2025 a été marquée par plusieurs actions structurantes en faveur de l’agroécologie. Deux exploitations pilotes ont notamment introduit des féveroles au sein des parcelles, créant un étage végétal intermédiaire entre bois et vignes, avec des résultats biologiques remarquables à la clé.
La filière poursuit aussi ses efforts sur d’autres leviers : implantation de couverts fleuris, entretien des haies et bosquets, promotion des fauches tardives. Le tout malgré des conditions météo parfois difficiles, comme les 245 mm de pluie enregistrés au printemps 2025.
Côté emballages, la transition se poursuit également : la barquette de 750 g est aujourd’hui composée à 85 % de matière recyclée, et le Syndicat a déjà expédié plus de 15 000 barquettes 100 % carton, une alternative plébiscitée pour son impact réduit.
« 30 raisons d’aimer ce raisin » : la nouvelle campagne qui célèbre le bon goût
Pour ses 30 ans, l’appellation dévoile aussi une nouvelle campagne de communication, pensée comme une célébration du bon goût et du savoir-faire chasselatier. Construite autour du concept « 30 raisons d’aimer ce raisin », elle met en avant un raisin gourmand, juteux, doré, fait main et français, avec un ton graphique résolument plus moderne et plus pop.
Cette manière de raconter un produit du terroir à travers les sens et l’identité française, je la retrouve aussi ailleurs : j’avais par exemple été touché par cette maison de parfums artisanaux 100 % made in France inspirés des paysages français, qui capture elle aussi l’âme d’un territoire, mais par le nez plutôt que par le palais. Deux façons différentes de célébrer le même attachement à nos régions.
Moissac Fruits & Saveurs 2026 : le rendez-vous à ne pas manquer
Comme chaque année, le Chasselas de Moissac AOP sera à l’honneur lors de la 35ᵉ édition de Moissac Fruits & Saveurs, les 12 et 13 septembre 2026. Ce grand rendez-vous gourmand, devenu incontournable dans le Sud-Ouest, permettra aux visiteurs de flâner parmi les stands de producteurs locaux, de découvrir les Sites Remarquables du Goût et de rencontrer directement les chasselatières et chasselatiers.
Si vous aimez ce genre d’événements dédiés aux terroirs régionaux, je vous invite aussi à jeter un œil aux producteurs de terroir à découvrir lors du Salon Vins & Terroirs de Toulouse, un autre rendez-vous que j’apprécie particulièrement chaque année.
FAQ : tout savoir sur la récolte 2026 du Chasselas de Moissac AOP
La récolte a officiellement débuté fin août 2026, avec des grappes dorées déjà présentes sur les étals. Elle se poursuit ensuite tout au long de la saison, exclusivement à la main.
L’appellation célèbre à la fois les 30 ans de son AOP, obtenue en 1996, et les 55 ans de son AOC, décrochée en 1971. Le Chasselas de Moissac reste le premier fruit frais de France à avoir obtenu une AOC.
Entré en vigueur le 25 mars 2026, il interdit le désherbage chimique dans l’inter-rang, réévalue les rendements et autorise, sous conditions strictes, le conditionnement à la vigne.
Récolte 2026 du Chasselas de Moissac AOP : un raisin d’exception à (re)découvrir cette saison
Trente ans d’AOP, cinquante-cinq ans d’AOC, un cahier des charges modernisé et une filière qui continue d’avancer malgré les difficultés : cette récolte 2026 a décidément tout d’un grand millésime symbolique. Derrière chaque grappe dorée, il y a des gestes précis, une tradition vivante et l’engagement quotidien de 146 producteurs qui refusent de céder sur la qualité.
Et vous, connaissiez-vous l’histoire de ce raisin d’exception ? Avez-vous déjà eu la chance de goûter un Chasselas de Moissac AOP tout juste cueilli ? Dites-le-moi en commentaire, j’adore échanger avec vous sur ces petits trésors de notre terroir !










