Paul Personne s’empare de « Vertige de l’amour » et l’emmène à Las Vegas, en grand orchestre. L’insolence de Bashung reste intacte.

Paul Personne chante Bashung, et il le fait en costume de swing. Depuis le 9 octobre, un nouvel extrait de l’album « C’est la faute à Bashung » est disponible : « Vertige de l’amour », entièrement réinventé.
Je me souviens de la première écoute avec un sourire un peu incrédule. Le bluesman à la voix de gravier, entouré de cuivres, dans l’élégance d’un big band. Sur le papier, l’idée surprend. À l’oreille, elle s’impose.
Je vous propose de découvrir cette reprise, et le projet exceptionnel dans lequel elle s’inscrit.
« C’est la faute à Bashung » : un album tribute événement
Commençons par le projet lui-même. L’album tribute « C’est la faute à Bashung » sort le 6 novembre. Il est consacré aux premières chansons d’Alain Bashung et à sa collaboration fondatrice avec le parolier Boris Bergman.
Ce double album réunit 26 chansons revisitées par des figures majeures de la chanson, du rock, du cinéma et de la littérature. L’ambition est claire : retrouver l’énergie brute, la liberté et l’insolence du Bashung des débuts, dans un son résolument actuel.
Le disque est produit par Arca & Fox et mixé par Steve Forward. Pour suivre toute l’actualité du projet, rendez-vous sur le site officiel de l’album tribute « C’est la faute à Bashung ».
Paul Personne et Bashung : une rencontre improbable
Paul Personne est une figure majeure du blues français. Sa signature de guitariste se reconnaît dès les premières notes. On l’attendait donc dans un registre blues-rock, nerveux et électrique.
Il a choisi tout autre chose. Pour « Vertige de l’amour », l’un des titres préférés des Français, il délaisse les codes attendus de son univers et se glisse dans un swing orchestral, élégant et puissant.
J’aime cette prise de risque. Elle rejoint l’esprit même de Bashung, qui a toujours préféré les chemins de traverse aux autoroutes balisées.
Un « Vertige de l’amour » entre Sinatra et Quincy Jones
Imaginez que « Vertige de l’amour » ait été enregistré à Las Vegas, quelque part entre Frank Sinatra, Quincy Jones et un grand orchestre de jazz. C’est exactement l’effet produit par cette nouvelle version.
Les cuivres claquent, le groove s’installe, et l’ampleur du big band enveloppe la chanson. Le morceau prend soudain des airs de standard américain.
Pourtant, rien ne se perd en route. L’ironie, la folie et le décalage du texte de Boris Bergman sont toujours là. Le costume change, mais l’esprit reste le même.
Jean-Yves D’Angelo, l’élégance à la réalisation
Cette transformation doit beaucoup à Jean-Yves D’Angelo. Pianiste, compositeur et directeur musical, il a accompagné au fil de sa carrière les plus grands artistes français.
À la réalisation, il apporte toute son élégance musicale et son sens de l’orchestration. C’est lui qui donne à la chanson cette tenue de grand orchestre, sans jamais l’alourdir.
On sent un travail d’artisan, où chaque instrument trouve sa place. La sophistication sert la chanson au lieu de l’écraser.
Paul Personne face au grand orchestre : le contraste qui fonctionne
Le contraste fonctionne immédiatement. D’un côté, la voix rocailleuse et profondément blues de Paul Personne. De l’autre, la sophistication d’un grand orchestre.
Une rencontre improbable sur le papier, qui semble pourtant évidente une fois le titre lancé. Le grain de la voix donne de la chair aux arrangements, et l’orchestre offre à cette voix un écrin inattendu.
Personnellement, c’est ce qui me touche le plus. On entend un artiste sortir de sa zone de confort avec sincérité, et le résultat est d’une belle générosité.
D’autres hommages à Bashung à (re)découvrir
Paul Personne n’est pas le seul à rendre hommage à Bashung ces derniers temps. Sur le blog, j’ai déjà évoqué Pierre Richard sur la ligne blanche, une reprise inattendue de Bashung, un autre regard sur ce répertoire.
J’ai aussi consacré un article à la reprise de « Bijou bijou » de Bashung par Imelda May, preuve que ces chansons voyagent bien au-delà des frontières.
Toutes ces relectures prouvent la même chose : l’écriture de Bashung et Bergman reste vivante. Elle supporte tous les costumes, du blues au big band.
Plus classe, plus ample, presque cinématographique
Avec cette version, « Vertige de l’amour » change complètement de costume sans perdre son ADN. Le titre devient plus classe, plus ample, presque cinématographique.
Fermez les yeux et laissez l’orchestre vous porter. On visualise un plan-séquence, des néons, une scène de music-hall. Pourtant, l’insolence est toujours là, intacte.
C’est le signe d’une belle reprise : respecter l’œuvre tout en lui offrant une seconde vie.
FAQ : Paul Personne et « Vertige de l’amour » de Bashung
L’album tribute sort le 6 novembre. Ce double album réunit 26 chansons de Bashung revisitées par des artistes de la chanson, du rock, du cinéma et de la littérature. L’extrait « Vertige de l’amour » par Paul Personne est disponible depuis le 9 octobre.
Paul Personne troque le blues-rock contre un swing orchestral de style big band, avec cuivres et groove. La réalisation est signée Jean-Yves D’Angelo. Le titre prend des airs de standard américain, tout en gardant l’ironie du texte de Boris Bergman.
L’album est produit par Arca & Fox et mixé par Steve Forward. Il célèbre les premières chansons de Bashung écrites avec le parolier Boris Bergman. Il rassemble 26 reprises sur deux disques.
Conclusion : un « Vertige de l’amour » qui change de costume
Avec « Vertige de l’amour », Paul Personne prouve qu’on peut surprendre sans trahir. Sa voix de blues, la baguette de Jean-Yves D’Angelo et la plume de Boris Bergman forment un trio inattendu.
Cet extrait donne une très belle envie de découvrir les 25 autres titres de « C’est la faute à Bashung ». Rendez-vous le 6 novembre pour la suite.
Et vous, que pensez-vous de cette version swing de « Vertige de l’amour » ? Paul Personne vous a-t-il surpris ? Quelle chanson de Bashung rêveriez-vous d’entendre en grand orchestre ? Je vous attends dans les commentaires !










