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Bisexualité et bi-curiosité : faut-il vraiment se mettre une étiquette ?

La Bisexualité n’est plus la seule à interroger nos attirances : la bi-curiosité, ce désir fluide d’explorer sans s’enfermer dans une case, gagne du terrain. Je vous explique pourquoi.

Bisexualité : la bi-curiosité, une attirance sans étiquette

La Bisexualité occupe depuis longtemps une place à part dans nos discussions sur l’orientation sexuelle, mais un mot plus flou s’invite aujourd’hui dans la conversation : la bi-curiosité. À l’occasion de la Journée internationale de la Bisexualité, célébrée le 23 septembre, j’ai eu envie de m’arrêter sur ce phénomène en pleine expansion, mais encore mal compris, entre attirance passagère et remise en question plus profonde de nos certitudes identitaires.

Vous vous êtes toujours pensé.e hétéro ou homo, et voilà qu’une attirance inattendue pointe le bout de son nez, dans un contexte bien précis ? Rassurez-vous : ce trouble ne fait pas de vous quelqu’un d’incohérent. Il vous rend, tout simplement, humain.e. Et c’est justement ce que j’ai voulu explorer avec vous aujourd’hui.

Bi-curiosité, bisexualité, pansexualité : quelles différences ?

Avant d’aller plus loin, clarifions les mots, car on les confond souvent. Contrairement à la bisexualité ou à la pansexualité, la bi-curiosité ne relève pas d’une définition figée de l’orientation sexuelle.

Elle désigne plutôt une ouverture, un désir d’explorer une attirance pour différents genres, sans nécessairement s’y identifier durablement.

On peut se considérer hétérosexuel.le ou homosexuel.le toute sa vie et, à un moment donné, ressentir cette curiosité pour une expérience différente. De façon ponctuelle, ou plus installée dans le temps.

C’est là toute la nuance : la bi-curiosité n’exige aucun engagement identitaire. Elle ne cherche pas à remplacer une orientation par une autre, mais à s’autoriser un espace d’exploration. Elle se vit, tout simplement, au gré des rencontres et des envies, sans étiquette obligatoire à la clé.

D’où vient cette attirance qui refuse de se fixer ?

Pour la psychanalyste Inès Perrot, experte sur les questions de sexualité, cette fluidité ne sort pas de nulle part. Elle l’observe régulièrement chez les patient.e.s qu’elle accompagne, et l’explique par plusieurs ressorts bien précis.

D’abord, l’envie de sortir des schémas classiques et de mieux se comprendre soi-même. Ensuite, une forme de liberté affective qui privilégie la personne plutôt que son genre. Enfin, une remise en question progressive de l’idée qu’il faille absolument se ranger dans une case identitaire stable.

Selon elle, il ne s’agit d’ailleurs pas d’un phénomène nouveau. La psychanalyse évoque depuis longtemps une forme de « bisexualité psychique », propre aux premières années du développement, avant que nos attirances ne se structurent socialement sous la pression des normes.

Autrement dit : cette fluidité vivrait en chacun.e de nous, bien avant que la société ne nous pousse à choisir un camp et à nous y tenir toute une vie.

D’ailleurs, je vous parlais récemment de ce que votre parfum de glace préféré révèle de votre vie intime : la bi-curiosité s’inscrit dans cette même quête, celle de mieux se connaître sans se forcer à cocher une case unique et définitive.

« Il y a des gens qui n’aiment pas le chocolat » : le témoignage d’Oni

Sur les forums JOYclub, les témoignages abondent. Parmi eux, celui d’un membre pseudonymé « Oni » résume bien la simplicité, parfois désarmante, du ressenti bi-curieux.

Selon lui, tout dépend des goûts : certaines personnes n’aiment pas le chocolat, d’autres tout simplement ne sont pas bi. Une comparaison qui a le mérite de remettre les choses à leur juste place, loin des grands discours théoriques.

Il raconte aussi avoir toujours ressenti cette curiosité, mais dans un cadre bien précis. Une expérience qui a pourtant tourné court : un homme, membre d’un couple libre, a mal interprété sa bi-curiosité, la prenant pour une invitation à le rejoindre dans son lit. Un reproche qu’Oni n’a pas laissé passer, coupant court net à ce fantasme mal placé.

Ce témoignage illustre une réalité trop souvent oubliée : être bi-curieux.se ne signifie pas être disponible pour toutes les propositions. La curiosité reste, avant tout, une affaire de consentement et de contexte choisi, jamais une case ouverte à toutes les interprétations.

Bah non, tout dépends des goûts . Il y a des gens qui n’aiment pas le chocolat, et donc il y a aussi des gens qui ne sont pas bi De mon côté, je me suis toujours senti bicurieux car une partie de moi à envie de tenter (mais dans un contexte bien spécifique). Un homme d’un couple libre que j’avais rencontré et qui était bi pensait qu’il me mettrait dans son lit juste parce que j’ai dis que j’étais bicurieux… Et me l’a reproché après… J’ai tout de suite coupé court à ses fantasmes ! »

Pourquoi la bi-curiosité reste difficile à assumer socialement

Reconnaître cette attirance en soi est une chose. La nommer publiquement en est une autre, bien plus délicate.

Socialement, la bi-curiosité reste un terrain complexe. Perçue tantôt comme une simple « phase », tantôt comme insuffisamment légitime, elle expose parfois les personnes concernées à l’incompréhension, voire au jugement de leur entourage.

Les cadres relationnels classiques laissent, il faut bien l’avouer, peu de place à une identité qui ne se fixe pas définitivement. Une difficulté très concrète, par exemple, au moment de remplir un profil de rencontre sans case adaptée à ce que l’on ressent réellement, entre deux orientations qui ne disent pas tout.

Résultat : beaucoup préfèrent taire cette part d’eux-mêmes, faute d’un espace qui l’accueille sans jugement ni interprétation hâtive.

JOYclub, une communauté pensée pour cette fluidité

C’est précisément pour répondre à ce besoin que JOYclub, la communauté sexpositive dédiée aux rencontres et à l’éducation sexuelle, a fait évoluer ses profils.

La plateforme, qui rassemble plus de sept millions de membres à travers l’Europe, propose désormais un choix étendu de genres — femme, homme cisgenre, non-binaire, trans, travesti — et d’orientations sexuelles, incluant explicitement la bi-curiosité.

Une manière d’affirmer que chacun.e doit pouvoir se sentir inclus.e, vu.e et entendu.e, sans avoir à se forcer dans une case qui ne lui correspond pas vraiment.

Louiza Papadopoulou, international marketing manager de JOYclub, le confirme : la bi-curiosité reste difficile à nommer pour de nombreux membres, alors qu’elle traverse une part importante de la communauté au quotidien.

C’est pourquoi la plateforme a voulu que ses profils reflètent cette réalité, avec des catégories de genre et d’orientation suffisamment larges pour que chacun.e puisse enfin s’y reconnaître, sans compromis.

« Chez JOYclub, nous voyons chaque jour combien la bi-curiosité reste difficile à nommer pour beaucoup de nos membres, alors qu’elle traverse une part importante de notre communauté. C’est pourquoi nous avons voulu que nos profils reflètent cette réalité, avec des catégories de genre et d’orientation suffisamment larges pour que chacun.e puisse s’y reconnaître, sans avoir à se forcer dans une case qui ne lui correspond pas », déclare Louiza Papadopoulou, international marketing manager de JOYclub.

FAQ : bisexualité et bi-curiosité, vos questions les plus fréquentes

Qu’est-ce que la bi-curiosité, exactement ?

La bi-curiosité désigne une ouverture, un désir d’explorer une attirance pour différents genres, sans nécessairement s’y identifier durablement. Elle peut être ponctuelle ou plus installée dans le temps, et ne constitue pas une orientation sexuelle à part entière.

La bi-curiosité est-elle une étape vers la bisexualité ?

Pas forcément. On peut rester bi-curieux.se toute sa vie sans jamais se définir comme bisexuel.le. Cette attirance fluide privilégie la personne plutôt qu’une case identitaire fixe, et n’annonce pas nécessairement un changement d’orientation durable.

Comment vivre sereinement sa bi-curiosité au quotidien ?

En s’autorisant à explorer sans pression, et en choisissant des espaces bienveillants où cette fluidité est reconnue et respectée. Des plateformes comme JOYclub, avec des profils incluant explicitement la bi-curiosité, facilitent cette démarche en toute sérénité.

Bisexualité, bi-curiosité : et si la vraie liberté était de ne rien s’imposer ?

Au fond, la bi-curiosité nous rappelle une évidence trop souvent oubliée : le désir n’a pas vocation à rentrer dans une grille de lecture figée, valable une fois pour toutes.

Qu’on se sente hétéro, homo, bi ou simplement curieux.se d’un instant, rien n’oblige à coller une étiquette définitive sur ce que l’on ressent. Se laisser la liberté d’explorer, sans pression ni jugement, c’est peut-être ça, la vraie liberté affective dont on parle si peu.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà ressenti cette curiosité, ou accompagné un.e proche dans cette découverte ? Racontez-moi tout ça en commentaire, je serai ravi d’échanger avec vous sur ce sujet encore trop tabou.

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Bernie
Bernie

Blogueur, photographe et rédacteur web basé à Toulouse. Ingénieur de formation, je partage depuis 2009 un regard technique et curieux sur le voyage, la culture, la gastronomie et le blogging. Mon profil LinkedIn

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