En haut roulait le ciel…

La nuit, la grande nuit, elle s’y fondit bientôt. Puis ce fut le silence... En haut roulait le ciel… Voici une  nouvelle microfiction signée Yves Carchon...

ciel nuit etoiles

 

En haut roulait le ciel…

La nuit, on la voyait se déhancher entre les arbres, draguer le ciel avec toutes ses étoiles, noircir ce qui restait encore du jour mourant, avec ses traînées roses et rouges, en débandade et en kyrielles, s’effilochant comme les lambeaux d’un tissu mal taillé, à moitié effrangé. La nuit avait pris possession de ce coin de campagne où s’étendaient champs et chemins qui déjà sentaient l’air du soir leur caresser la peau à rebrousse-bosquets...

Au loin quelques lumières apparaissaient dans les premières maisons… L’écho de l’aboiement d’un chien le sortit de lui-même, de cette étrange torpeur qui lui poissait les tempes, lui comprimait le cœur et lui paralysait les mains. Il voulut sangloter, encore sonné par ce qu’il avait accompli sans qu’il en eût vraiment conscience, quelques minutes plus tôt.

Un crime : ça s’appelait un crime, ce qu’il avait commis avec ses propres mains.

La nuit était venue si vite.

Et l’ombre marchant sur le chemin l’avait comme aimanté vers elle. Une gamine qui rentrait. Tout était noir autour de lui. La nuit flirtait toujours avec le firmament, et la lune qui brillait, révélait à ses pieds le petit corps où scintillait une trace rouge.

La lune, il lui aurait craché dessus tant elle semblait sourire et de se repaître de son malheur. Debout, il s’apaisa en regardant la voûte céleste. Il entendit alors une voiture qui arrivait. Il vit bientôt les phares qui jaunirent la route et qui bientôt l’aveugleraient.

Alors, il la tira dans les bosquets et se coucha sur elle, de peur d’être surpris. A leur hauteur, la voiture ralentit comme si elle hésitait à rejoindre la nuit.

La nuit, la grande nuit, elle s’y fondit bientôt. Puis ce fut le silence. Et il pensa qu’il était temps de déguerpir. En haut roulait le ciel et sur son axe dansait la Terre. Il essuya sa lame ensanglantée sur un tapis de mousse et reprit son chemin.

yves carchon ecrivain polar

Une microfiction signée Yves Carchon, écrivain, auteur de "Riquet m'a tuer", de "Vieux démonset de « Le Dali noir »

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A
Terrible cette fiction ... Pourvu qu'elle le reste ...<br /> <br /> @t... alain
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B
L'avenir nous le dira...
T
Qu'on le pende !
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B
Haut et court ?
K
Bonjour Bernie<br /> Quel beau texte.<br /> @mitié
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B
Merci pour Yves
L
The Thames is not safe for swimming!<br /> Three people got missing just the other day.
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B
OMG
R
Merci de nous en parler. Amitiés
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B
Merci pour Yves
B
je suis pour ce genre de cas pour la peine de mort quand il n'y a aucun doute.la photo est superbe
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B
La photo est splendide.
E
Toujours bien écrit, c'est juste un peu macabre mais c'est très bien écrit ! Bon Week-end !
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B
Un peu...
P
Une microfiction qui donne froid dans le dos rien qu'à l'idée que de tels personnes soient dans la nature.<br /> Bonne journée.
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B
Elle impressionne.
M
hier soir les arbres se sont également bien déhanchés par chez nous, avec finalement peu d'eau....dommage le jardin en a bine besoin....passe une bien belle journée
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B
En haut roulait le ciel...