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Le ciel est venu me chercher…

Quand j’ai appris que jamais plus je ne retournerai la voir, là-bas, à l’hôpital, le ciel est venu me chercher... Une micro-fiction écrite par Yves Carchon.

ciel trainees avion nuages

 

Le ciel est venu me chercher…

Quand j’ai appris pour Luce, enfin tout ce micmac, la famille, les obsèques et les salamalecs, tout ce qui rend une mort grotesque, les pleurs, les homélies, le voyage jusqu’au cimetière, ce pantomimeux saint-frusquin…

Quand j’ai appris que Luce avait quitté le royaume des vivants et qu’on avait tout fait pour m’évincer, me tenir loin de cette cérémonie, vu le peu d’affection que tous avaient pour moi, je me suis rencogné, chagrin dans mon malheur, et ma peine était grande, Luce n’avait pu me dire adieu, j’étais bien convaincu qu’elle y tenait comme moi, après toutes ces années…

Et j’ai pleuré, pleuré, la revoyant comme aux plus beaux jours de sa gloire… du temps de sa splendide et incroyable beauté, avec ses longs cheveux dont elle faisait des nattes et que j’aimais…Luce qui me souriait et qui m’avait souri longtemps, même quand j’allais la voir après ses indécentes séances de chimio et qu’elle portait une perruque…elle était mon amie…

Moi je n’ai jamais su ce que j’étais pour elle…mais elle riait quand j’étais là…m’embrassait sur la joue, me chahutait quand elle était en forme…je crois bien qu’elle m’aimait…je la sentais heureuse à mon côté et plus sereine…

Peut-être lui apportais-je la paix et la légèreté… J’ai dû pleurer une bonne journée, en repensant à elle, seul dans mon coin…

Quand j’ai appris pour elle, ça m’a donné envie de vivre, et vivre encore…Je pense qu’elle eût été mille fois d’accord…qu’elle n’aurait pas voulu que je suffoque sous les regrets…

Quand j’ai appris que jamais plus je ne retournerai la voir, là-bas, à l’hôpital, le ciel est venu me chercher avec tous ses nuages, et les arbres m’ont crié qu’ils m’attendaient aussi, et l’horizon aussi, et la Terre en goguette, et les étoiles m’ont hélé en lançant leurs œillades, et j’ai couru dans la campagne, longtemps, à perdre haleine, comme on s’abreuve à une fontaine…et qu’on n’en parle plus !

yves carchon auteur

Une microfiction signée Yves Carchon, écrivain, auteur de "Riquet m'a tuer", de "Vieux démonset de « Le Dali noir »

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ZALMA 08/08/2019 17:21

Court et efficace, des mots justes pour un texte très émouvant !

Bernie 12/08/2019 19:01

oui, c'est très juste.

jazzy57 04/08/2019 13:57

Quel magnifique façon de dire je t'aime

Bernie 06/08/2019 17:35

absolument

Elena800 03/08/2019 07:04

Histoire triste mais si bien écrite qu'elle est belle !

Bernie 06/08/2019 17:42

tout à fait.

Bouchine 02/08/2019 22:12

Un texte extrêmement touchant...À la fois simple et beau ...
Merci Bernie de nous le faire découvrir !
Bon week-end!

Bernie 06/08/2019 17:43

Tout le mérite revient à Yves

London Caller 02/08/2019 21:12

Oh we call them "contrails" in English.
You must have something like this in French too.

Bernie 06/08/2019 17:44

yes !

trublion 02/08/2019 07:42

Pas facile d' admettre la disparition d' un être cher pour la durée de notre vie sur terre !
Bonne journée Bernie

Bernie 06/08/2019 17:44

Oui...

dom 02/08/2019 07:02

Une réaction surprenante ... mais très saine.
A quoi bon ???

" Bonne fin de semaine en préparant le WE, pour certains ...
Pour moi, toujours des jours comme les autres.
C'est souvent ça, la retraite, surtout quand les enfants travaillent les samedis et dimanches.
Avec un temps toujours de saison, tout bêtement ...
Gros bisoux ♥ "

Bernie 06/08/2019 17:44

C'est vrai