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Route du Rhum : « Il va rester du match et du sport » !

Stimulé par la victoire en Ultime du « vieux » Joyon, Kito de Pavant, après un début de Route du Rhum - Destination Guadeloupe dantesque, est toujours à la bagarre avec un trio de jeunots qui ne lâchent rien dans cette série des Class40 de très haut niveau.

made in midi  © Hervé Giorsetti
© Hervé Giorsetti

 

A bord de « Made in Midi » à mi-course de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe Kito de Pavant : « Il va rester du match et du sport »

Retour à mi-parcours avec le skipper de « Made in Midi » sur une première moitié de transat parfois faite en survie. Et sur la suite, fesses serrées, dans ces conditions moins cassantes mais très « rock’n’roll », avec des grains violents, au niveau du tropique du Cancer.

Au portant, sous spi, sur une « autoroute » des alizés cabossée, où rien n’est figé et où tout peut encore arriver. Surtout le meilleur.

« Ça me fait plaisir que ce ne soit pas toujours les petits jeunes qui gagnent ». Lundi, dans le message de félicitations que Kito de Pavant adressait à Francis Joyon pour sa victoire en Ultime devant François Gabart pointait comme un message : n’enterrez pas trop vite les « vieux », ils peuvent vous réserver des surprises.  De celles que le skipper de « Made in Midi » adorerait faire aux trois gamins qui le précèdent au classement provisoire des Class40, mené par un Yoann Richomme, insolent de facilité et de vitesse. « Mais on n’en est encore qu’à la moitié de la course, prévient Kito. Il va rester du match et du sport ».

 

Un premier round en mode « match de boxe »

Du sport, il y en a eu, déjà, avec un début de transat en mode match de boxe. Au cours duquel Kito a dû faire le dos rond, face à des conditions dantesques, quasiment cloîtré dans son bateau pendant quatre jours.  « 40 nœuds, voire plus, mer forte, ça penche, ça secoue, mais ça avance. J'ai passé la combi sèche », arrivait-il à écrire le 6 novembre.

Cette « combi sèche » (rien à voir avec les toilettes écologiques du même nom), il n’allait pas la quitter pendant les trois jours suivants. Pas la peine de vous faire un dessin. Et ce n’est que le 9 novembre que Kito pouvait enfin « un peu manger et mieux dormir ».

Un Kito de Pavant remonté à bloc après ce véritable passage à (coup de) tabac dans le golfe de Gascogne. Requinqué physiquement (malgré une chute sans gravité le deuxième jour), et moralement, le gars.

Ce moral qui en avait pris un sacré coup derrière la cafetière avec la perte, au bout de deux jours, du J2, une de ses précieuses voiles d’avant, déchirée dans une rafale, handicapant sérieusement les performances du bateau « rouge et jaune ».

Les encouragements (le mot est faible) de son équipe technique n’ayant pas été de trop pour regonfler un Kito sacrément dépité par ce coup du sort.

Kito de Pavant

 

Un deuxième en mode « rock’n’roll »

Mais tout ceci est derrière, aujourd’hui, à mi-course, avec un skipper du Sud qui ne lâche rien dans des conditions un peu plus chaudes mais pas vraiment plus agréables. « Disons que les seaux d’eau dans la gueule sont moins froids », lâche celui qui, aujourd’hui, serre un peu les fesses dans des alizés qui ont pris du coffre et des grains violents.

Résultat : du pur rock’n’roll, au portant. « Déjà, avec 20 nœuds, sous grand spi et toute la grand-voile, c’est limite.  Quand arrive un grain, ça dépasse 25, voire 30 nœuds, là, ce n'est franchement pas très cool. Le bateau part en survitesse, bute dans la vague, le pont est submergé, le skipper aussi. La journée, ça va, tu vois arriver le truc. La nuit, c’est noir, tu sais pas. Alors tu serres les fesses ».

C’est à ce prix-là que la Guadeloupe se rapproche, à bord d’un « Made in Midi » qui, à part le fameux J2 en lambeaux (« qui aurait pu encore bien me servir au portant en termes de vitesse »), s’avère solidement bien préparé.

Avec, autour de lui, certains signes sympas : « Ce matin, j’ai vu mon paille-en-queue et mon premier poisson volant, sourit le capitaine. C’est bon signe, on fait du Sud. Même si la température ne monte pas très vite ». Un Sud que Kito, à l’image de la tête de flotte des Class40, continue à prendre comme cap (du Sud-Sud-Ouest plus exactement).

« Pour descendre pratiquement à la latitude de la Guadeloupe, trouver des alizés plus stables et prendre une route plus rapprochante. La question des prochains jours sera là : à quel moment on fait route directe. Là ça peut jouer. Pour l’instant, je m’en sors pas mal ». C’est vrai, il s’en sort pas mal. Pour un vieux !

 

Petit point météo

Mardi, l’anticyclone des Açores qui s’était rétracté à cause d’une nouvelle dépression dans l’Atlantique nord, est revenu à sa position habituelle en s’étalant des Bermudes à Madère. En conséquence, les alizés ont pris du coffre sur le tropique du Cancer, mais en contrepartie, les grains gagnent en intensité, notamment sur la zone qu’aborde le quatuor de tête des Class40 avec Kito de Pavant. Mercredi, la situation d’alizés d’est très instables autour de 20 nœuds en force et en direction devrait se maintenir nord-est avant de baisser jusqu’à 15 nœuds. Pour des conditions au portant un peu plus maniables pour la tête de course des Class40. Ce que tout le monde espère...

 

Plus rapides que certains 60 pieds Imoca !

Leurs sillages se croisent et leurs silhouettes, sur la cartographie virtuelle de la Route du Rhum se mélangent. C’est que la tête de la flotte des Class40 était à la hauteur du deuxième groupe des Imoca. Ainsi, entre 30e et 35e méridien, juste au-dessus du tropique du Cancer, Richomme, Chappellier, Sharp et Kito naviguent (presque) à vue avec les Diraison, Seguin et Roura.

« J’ai navigué bord à bord, à vue avec Cali (Arnaud Boissières, sur le 60 pieds Imoca « La mie câline ») il y a trois-quatre jours et il est encore derrière, sourit Kito. Ce qui veut dire que nous, les Class40, on a bien navigué. Même certains multis ne sont pas très loin devant ! ».

Vidéos du bord : première journée de glisse sous spi

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