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Concours Ateliers d’Art de France : deux lauréats en Occitanie

Existant depuis 7 ans, le Concours Ateliers d’Art de France permet de mettre en lumière un artisan créateur par région. Dans la région Occitanie, le cas se présente légèrement différent, ce sont deux lauréats qui ont été choisi par le jury dans deux catégories différentes qui sont les catégories « CREATION » et « PATRIMOINE ». 

Mickael Amant - Thibaud Nussbaumer
Mickael Amant © Alexandre Bena - Thibaut Nussbaumer © Céline Deligey

Le Concours Ateliers d’Art de France

Deux lauréats en Occitanie

Le Concours Ateliers d’Art de France révèle la diversité des métiers d’art sur le territoire français, reflète leur dynamisme et leur richesse créatrice. Il est le portrait de l’ensemble des caractères, des signes et savoir-faire de chacune de nos régions.

En région Occitanie, un jury constitué de 7 personnalités (Alain Vogel-Singer, Maire de Pézenas, un représentant de la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, un représentant de la DRAC et plusieurs professionnels des métiers d’art) a choisi de récompenser deux créateurs pour leurs pièces originales.

Michaël Amant, ébéniste, a remporté le prix régional dans la catégorie Patrimoine pour la restauration d’un bureau « Mazarin » du XVIIIe siècle. Le jury a particulièrement apprécié son expertise et sa capacité à rendre l’authenticité et la préciosité de ce meuble en bois pour un résultat irréprochable et une restauration menée dans les règles de l’art.

Thibaut Nussbaumer, maître verrier, a obtenu le prix régional dans la catégorie Création pour son oeuvre Rusted Days. Le jury a choisi de saluer sa vision très poétique et onirique au travers de cette série de bouteilles en verre soufflé, reflet d’une maitrise technique traditionnelle à laquelle vient s’ajouter une recherche originale autour de la matière.

 

 

 MICKAEL AMANT - ÉBÉNISTE-RESTAURATEUR-CONSERVATEUR DE MOBILIER ET OBJETS D’ART LAURÉAT DU CONCOURS ATELIERS D’ART DE FRANCE POUR LA RESTAURATION D’UN MEUBLE MAZARIN

RÉGION OCCITANIE - CATÉGORIE PATRIMOINE

Ébéniste originaire du Nord, Mickael Amant voue au bois une passion qui l’a poussé, depuis l’âge de 14 ans sur la voie des grands ateliers du sud de la France. Un compagnonnage où il acquiert la maîtrise de savoir-faire d’excellence.

En 2002, à 22 ans il fait le choix d’ouvrir l’Atelier Mickaël Amant, de restauration et de conservation de mobilier et d’objets d’art anciens dans le quartier des Beaux-Arts de Montpellier et de se spécialiser en marqueterie Boulle et marqueterie de bois précieux. Les règles de déontologie qui régissent sa pratique lui ont valu la confiance d’une clientèle haut de gamme de musées, d’institutions culturelles ou religieuses et de collectionneurs privés.

 « Nous travaillons de façon muséale, sans machine, avec des produits d’époque et des techniques ancestrales. Nos gestes sont ceux-là mêmes qui ont prévalu à la création des meubles », explique Mickael Amant qui considère son approche comme celle d’un conservateur doublé d’un technicien.

Mickael Amant © Alexandre Bena
Mickael Amant © Alexandre Bena

Tiroirs légèrement bombés, pieds fins réunis par des entretoises en X, une marqueterie géométrique en placage de bois de bout qui révèle les cernes de l’arbre… L’origine de ce bureau Mazarin ne fait pas de doute : il est l’œuvre de Thomas Hache, précurseur du XVIIIe siècle dans ce modèle de marqueterie.

Outre l’indéniable rayonnement culturel de l’ouvrage, c’est l’authenticité de sa restauration qui séduit aujourd’hui. « Nous avons limité au maximum les interventions et utilisé des techniques réversibles qui faciliteront les restaurations futures ».

Réhydratation des colles animales, greffes de placage de bois anciens, finitions effectuées avec des produits naturels dont des vernis à base de gomme-laque (une sécrétion de cochenille)… ont contribué à restituer l’objet dans un parfait état de conservation.

Appliqué à un ouvrage trois fois centenaire, un tel travail patrimonial de plus de 280 heures permet, une fois de plus, d’en assurer la postérité sur plusieurs siècles.

 

THIBAUT NUSSBAUMER - MAÎTRE VERRIER LAURÉAT DU CONCOURS ATELIERS D’ART DE FRANCE POUR SON OEUVRE RUSTED DAYS

RÉGION OCCITANIE - CATÉGORIE CRÉATION

Donner du verre artisanal une image de « proximité », telle est l’ambition de Thibaud Nussbaumer. Verrier « du bout de la rue », il a ouvert à Toulouse en 2017 TiPii, un atelier-showroom où le public s’initie au soufflage du verre.

Il y produit, avec Patricia Motte, rencontrée sur les bancs du CERFAV - Centre Européen de Recherches et de Formation aux Arts Verriers, de petites séries d’objets utilitaires aux lignes rondes et toujours singulières.

En parallèle, Thibaut Nussbaumer développe des projets personnels qui interrogent le temps, la mémoire et la petitesse humaine. « Je raccroche toujours mes pièces à une sémantique, l’esthétique devant suivre un fil conducteur ».

Bulles « de lave » ou capsules emprisonnant des mèches de cheveux, ses oeuvres en verre soufflé, quasi archéologiques, témoignent inlassablement des étapes de la vie et du passage du temps.

Rusted Days est une fiction saisissante tant elle donne à voir l’impensable : fasciné par la texture des objets métalliques rongés par l’eau de mer, Thibault Nussbaumer a imaginé ce que l’érosion pouvait causer comme altération au verre, matière pourtant inoxydable.

Thibaut Nussbaumer, Rusted Days © DR
Thibaut Nussbaumer, Rusted Days © DR

Après de multiples essais de traitements de surface, les poudres de verre coloré appliquées sur les contenants en verre soufflé à chaud restituent avec réalisme l’effet granuleux de la rouille. Pour parfaire l’analogie avec le métal, les pièces ont subi un sablage à haute pression qui a dissout les parois.

Bouteilles, jarres et fioles affichent ainsi la palette mordorée de la décomposition. Dans leur diversité, élancées ou tassées, elles composent un paysage de silhouettes humaines.

 « Elles ont inévitablement suscité chez moi une réflexion sur la faiblesse des êtres vivants, rapprochés par la conscience d’une issue fatale », explique Thibaud Nussbaumer, qui estime pourtant que l’œuvre, par sa poésie, rend grâce à la vie.

 

7e année consécutive du Concours Ateliers d’Art de France

Pour la 7e année consécutive, le Concours Ateliers d’Art de France met en lumière la vitalité artistique des savoir-faire en révélant, dans chacune des régions de France, le grand talent et la diversité des professionnels de métiers d’art.

Les candidats, qui ont la possibilité de concourir avec une œuvre de création ou de patrimoine, obtiennent grâce à l’accompagnement d’Ateliers d’Art de France une visibilité importante tant dans leur région que sur le plan national.

Ce sont plus de 300 candidatures qui ont été reçues cette année. Céramiste, verrier d’art, créateur textile, vannier, plumassier, ébéniste d’art… Le panel des savoir-faire est toujours aussi vaste.

Il en dit long sur l’incomparable richesse de ces métiers d’exception.

Entre mi-mars et fin juin 2018, un jury sélectionne pour  chacune des 13 régions les lauréats dans les catégories

« Création » et « Patrimoine ». La remise de prix a lieu à l’occasion d’expositions organisées dans des lieux emblématiques pour présenter les œuvres sélectionnées pour chaque région.

À l’automne, les lauréats régionaux bénéficient d’une exposition collective sur un salon international d’envergure :

- Du 7 au 11 septembre 2018 sur MAISON&OBJET pour les oeuvres lauréates de la catégorie Création ;

- Du 25 au 28 octobre au Salon International du Patrimoine Culturel, pour les œuvres lauréates de la catégorie Patrimoine.

Un prix national « Création » et un prix national « Patrimoine » sont décernés lors de ces salons par un jury de professionnels à un des lauréats régionaux de chaque catégorie.

 

À PROPOS DES MÉTIERS D’ART

Part essentielle de l’économie de la création, les métiers d’art rassemblent en France 38.000 ateliers, soit près de 60.000  emplois et génèrent un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros.

Ils ont obtenu ces dernières années des avancées légales majeures, avec notamment leur reconnaissance comme secteur économique global et cohérent, composé de 281 métiers.

Mais l’aspiration des professionnels des métiers d’art de se voir réunis dans une seule et même branche professionnelle est aujourd’hui menacée, alors qu’une branche professionnelle commune permettrait le développement des ateliers qui partagent de mêmes enjeux de marché, d’image et de formation.

Ateliers d’art de France se mobilise, avec l’ensemble des professionnels, pour faire entendre la voix d’un secteur à l’impact économique, culturel et touristique majeur pour les territoires.

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