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LE FRESNOY | Colloque au Collège de France : 5, 6 et 7 septembre 2017 - Le rêve des dormes : Arts, Sciences et Cie.

LE FRESNOY STUDIO NATIONAL DES ARTS CONTEMPORAINS présente LE RÊVE DES FORMES : ARTS, SCIENCES & CIE. Colloque au Collège de France les mardi 5, mercredi 6 et jeudi 7 septembre 2017 11, Place Marcelin Berthelot, Paris 5ème.

LE FRESNOY | Colloque au Collège de France : 5, 6 et 7 septembre 2017 - Le rêve des dormes : Arts, Sciences et Cie.

LE RÊVE DES FORMES : ARTS, SCIENCES & CIE

Qu’est-ce qu’une forme ?

« Qu’est-ce qu’une forme et pourquoi s’y intéresser aujourd’hui, alors que les artistes, dits plasticiens, délaissant volontiers cette question, lui préfèrent les enjeux de la narrativité, directement issus d’un surmoi qui serait le cinéma ?

Si l’on se réfère au sens commun, une forme est un ensemble de traits caractéristiques – visuels, sonores, tactiles – qui permettent à une réalité physique d’être conçue ou identifiée. S’adressant à nos sens ou se constituant dans notre esprit, parfois à notre insu comme lors des rêves, les formes semblent être des entités premières, auxquelles ont à faire tous les champs du savoir et de la création.

Les progrès scientifiques et techniques nous offrent aujourd’hui de nouvelles et nombreuses possibilités pour concevoir et créer des formes autrefois impossibles à imaginer, à réaliser : imagerie numérique et infographie (par exemple pour les représentations fractales), stéréolithographie, scan 3D, pour les objets en volume...

Les créateurs, quel que soit leur domaine, n’hésitent pas à s’emparer de ces techniques et de ces savoirs contemporains, à s’en inspirer, mais également à en questionner le sens et les usages et, ce faisant, à en renouveler l’imaginaire.

Les conceptions scientifiques elles-mêmes nécessitent l’invention de nouvelles formes afin de rendre perceptible, de modéliser, ce qui échappe à l’observation directe, les objets étant trop petits, trop grands, trop éloignés, voire absolument inaccessibles, ou trop complexes, pour pouvoir être appréhendés par les modes de représentation traditionnels, à travers le prisme des formes classiques.

Les formes, par ailleurs, ne sont pas toujours des phénomènes aux contours réguliers, stables et bien définis. Ainsi, par exemple, la fumée, les nuages, les vagues qui se présentent bien à nous comme des formes, déjouent bientôt la tentation qu’on pourrait avoir d’identifier celles-ci à la matière qui les constitue.

Les formes, telles qu’on les saisit aujourd’hui, sont très souvent le résultat d’un processus, s’identifiant même parfois au programme ou aux forces qui les génèrent. Il arrive qu’elles soient issues de règles très simples qui les déterminent, les animent, et il est étonnant alors de réaliser à quel point ce qui surgit peut être imprévisible, surprenant, complexe, délicat.

À l’inverse, il suffit d’observer la variété extraordinaire des manifestations du vivant ou de se laisser simplement toucher par la musicalité d’une expérience sonore, pour se persuader que c’est à l’endroit où les formes échappent à la règle stricte, à la convention, au conformisme, au systématisme, qu’elles parviennent à nous surprendre et à nous émouvoir.

Les formes se meuvent, se déforment, s’érodent, se régénèrent. Complétons la citation de Victor Hugo : « Pour un temps donné, la configuration d’une île est une construction de l’océan. La matière est éternelle, non l’aspect.

Tout sur la terre est perpétuellement pétri par la mort, même les monuments extra-humains, même le granit. Tout se déforme, même l’informe. Les édifices de la mer s’écroulent comme les autres. La mer qui les a élevés, les renverse.»

L’aptitude de la matière à maintenir une identité, en dépit de ses transformations au contact de l’environnement et au fil du temps, est une caractéristique qu’on trouve autant dans ce qui est inerte que dans le vivant.

Et il se produit parfois, au cours de ces transformations, des points de rupture, des accidents, des métamorphoses, qui nous apprennent autant sur ces formes, sinon plus, que leur régime de fonctionnement et d’évolution normal. Le monstre, l’anomalie, qui nous déconcertent ou nous effraient sont riches d’enseignements.

Y a-t-il des formes qui, jouant de ces continuités et ruptures, et retardant ainsi le moment où l’on parvient à les déchiffrer, attisent notre curiosité, notre désir, nous intriguent quant à leur réalité, à leur fonction, à leur sens ?

Existe-t-il des formes qui n’ont pas de nom ou qu’on ne peut nommer et, à l’inverse, la langue est-elle capable d’émettre des énoncés ne produisant aucune forme ?

Si nous persistons à reconnaître, lorsqu’ils se présentent à nous, une chaise, un oiseau, un triangle, la mélodie d’une chanson, le timbre d’une voix familière, la présence d’un animal immobile à l’orée d’un bois, l’émotion invisible sur le visage de notre interlocuteur, sans doute est-ce parce que nous sommes entraînés, prédisposés à les percevoir.

Et si le sujet qui s’exprime ici à la première personne n’était plus nécessairement un être humain mais un animal, une plante, un algorithme, une intelligence artificielle ? »

Alain FLEISCHER

Le Fresnoy

20 ans d’une Utopie

Créé en 1997 à Tourcoing, par Alain Fleischer - après avoir fêté son dixième anniversaire avec Dans la nuit, des images au Grand Palais à Paris - Le Fresnoy célèbre aujourd’hui ses 20 ans. 

Cet anniversaire - à travers un programme riche, tout au long de la saison 2017/2018 - marque le rayonnement national et international du Fresnoy, institution d’excellence dans le champ de la formation, de l’expérimentation et de la production artistique, audiovisuelle et numérique.

Au cœur de l'anniversaire est intégré un parcours entre plusieurs rendez-vous à Paris, à Tourcoing et à l'international.

INFORMATIONS PRATIQUE

Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains

22 rue du Fresnoy - 59200 Tourcoing

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trublion 22/07/2017 06:47

je me dis qu' il y a déjà beaucoup à voir avec notre simple appareil oculaire