L’exposition "Au fil de l'eau : Seine de travail» se tient jusqu’au 25 juin 2017 au musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie. À travers 53 œuvres (peintures, photographies et ouvrages illustrés), le musée de l’Hôtel-Dieu présente au visiteur la façon dont les artistes se sont emparés de la modernité des paysages (apparition des cheminées d’usines, des ponts de chemin de fer) pour réaliser des toiles d’une étonnante modernité.

© Musée de l’Hôtel-Dieu |Paul-Michel Dupuy Les Bateliers au port Henri IV, 1904, Musée d’Art et d’Histoire de Colombes, dépôt du Fmac Paris ©Bruno farat

© Musée de l’Hôtel-Dieu |Paul-Michel Dupuy Les Bateliers au port Henri IV, 1904, Musée d’Art et d’Histoire de Colombes, dépôt du Fmac Paris ©Bruno farat

Au fil de l’eau : Seine de travail

Un ensemble exceptionnel

Les musées de Mantes-la-Jolie et Vernon ont souhaité s’associer pour présenter au public une exposition commune, sur l’élément qui les relie : la Seine. Les activités liées au fleuve ont contribué au développement de l’une et l’autre ; il a donc semblé naturel aux deux musées de se pencher sur ce « motif » qui a profondément évolué au cours du XIXe siècle et qui a connu une immense postérité artistique.

Au-delà du paysage, ce sont aussi les riverains du fleuve qui inspirent les artistes. Si Mantes-la-Jolie s’attache à montrer un aspect moins pittoresque du fleuve, les scènes liées au travail, Vernon consacre sa présentation aux scènes de loisirs (canotage, baignades, guinguettes…). Sous le titre « Au fil de l’eau : Seine de loisirs », l’autre volet de cette exposition est présenté au musée de Vernon, du 25 février au 25 juin 2017.

Les paysages des bords de Seine, qui nous paraissent immuables, ont en réalité beaucoup évolué durant le XIXe siècle. Les abords du fleuve ont été façonnés pour que le cours naturel de le Seine n’entrave pas les activés industrielles et commerciales.

Ces tableaux, qui nous semblent aujourd’hui témoigner d’un paysage intemporel illustraient, dans la seconde moitié du XIXe siècle, les transformations radicales des paysages fluviaux qui apparaissaient d’une modernité saisissante.

À la même époque, les artistes sortent de leur atelier pour aller peindre « sur le motif », en plein air.

Cette révolution artistique a trouvé ses sujets de prédilection à Paris et dans ses alentours.

L’ouverture de la ligne de chemin de fer Paris –Rouen – Le Havre, en 1847, permet aux artistes de s’emparer de paysages nouveaux.

Cette exposition présente la rencontre entre ces deux révolutions, industrielle d’une part et artistique d’autre part : les œuvres témoignent du déplacement progressif de l’intérêt des artistes pour ces motifs contemporains.

Les représentations des métiers et scènes « pittoresques », traités en atelier d’après des études prises parfois sur le vif, laissent place à des œuvres peintes directement sur le motif, illustrant les éléments les plus éloquents de cette modernité : les cheminées d’usines fumantes qui barrent l’horizon, les ponts flambants neufs qui permettent de faciliter les transports ferroviaires et fluviaux, les navires à vapeurs…

Les « gens du fleuve », saisis par les artistes dans leurs activités quotidiennes, témoignent aussi de ces changements radicaux : les lavandières disparaissent peu à peu, remplacées par des blanchisseries industrielles ; la pêche traditionnelle se raréfie : la présence de ces frêles embarcations entrave le rythme toujours plus intense des convois de marchandises…

Regarder le fleuve par le prisme des activités laborieuses permet de comprendre la mutation radicale qu’a connue la Seine au tournant du XXe siècle.

La transformation du paysage : du pittoresque à l’industriel

La partie de la Seine comprise entre Paris et Rouen, la Basse-Seine, voit ses activités économiques et industrielles se développer dès la fin du XVIIIe siècle. Le ravitaillement de la capitale en matières premières et manufacturées devient un enjeu primordial qui bouleverse les pratiques de navigation.

Contrairement aux autres fleuves, le bassin de navigation de la Seine n’est pas commandé par l’embouchure, mais par Paris. Les menaces de disettes dans la capitale à la fin du XVIIIe siècle amènent à repenser les modalités de circulation sur la Basse-Seine. Cela implique que les marchandises puissent remonter de façon régulière le cours du fleuve.

D’autre part, Paris s’industrialise à un rythme soutenu : les marchandises produites doivent pouvoir être acheminée vers un grand port de mer.

La navigation en Basse-Seine, jusqu’ici contrainte par les conditions naturelles (débit du fleuve, saisonnalité), était inadaptée aux exigences de la nouvelle économie qui se faisait jour. Des aménagements du fleuve se développent alors pour permettre la circulation de charges lourdes : il faut que le débit soit constant et suffisant pour permettre aux convois de circuler vers l’amont.

Le plan ambitieux de travaux publics décidé en 1878 par le Ministre Charles Freycinet vise à moderniser les infrastructures du pays. Il permet l’aménagement de nombreux barrages éclusés, qui garantissent un débit constant.

Ces nouvelles infrastructures modifient en profondeur le paysage. Les ponts sont remodelés afin de permettre le passage de navires au tonnage plus important. En un demi-siècle, les usagers du fleuve ont littéralement révolutionné leurs pratiques : au lieu de s’adapter aux règles naturelles de la navigation, ils soumettent le fleuve aux conditions imposées par leurs activités.

Les bateaux de la Seine connaissent également une transformation rapide. Les voiliers provenant

de la mer peuvent remonter jusqu’à Rouen. Les marchandises sont ensuite acheminées par des navires de plus en plus imposants, qui utilisent essentiellement la force du courant et la traction humaine ou animale.

L’utilisation de la vapeur pour la propulsion des bateaux va constituer une révolution capitale. Le halage, pratique complexe qui demandait beaucoup de temps, est peu à peu abandonné. Les remorqueurs à vapeur et les toueurs permettent la circulation de longs chalands de marchandises.

L’augmentation de la densité et de la vitesse du trafic fluvial bouleverse les équilibres : les pêcheries fixes (les gords) sont reléguées aux bras secondaires. Les chemins de halage sont délaissés.

Le trafic local (bacs et passages d’eau) qui assurait la liaison entre les deux rives sur les portions dépourvues de pont, se raréfie. Les espaces abrités et les îles de la Seine deviennent des lieux de villégiature, propices aux loisirs illustrés par le musée de Vernon.

Programmation culturelle et pédagogique

Visites guidées adultes et familles :

Dimanches 5 mars, 2 avril:

  • 15h30 : Visite générale de l’exposition « Au fil de l’eau : Seine de travail », sans inscription, dans la limite des places disponibles.

Dimanches 7 mai, 4 juin :

  • 14h30 : Visite générale de l’exposition « Au fil de l’eau : Seine de travail ».

Visites-ateliers :

  • Visite-atelier origami : Visite de l’exposition « Au fil de l’eau : Seine de travail » suivie d’un atelier de création de différents bateaux en origami.

22 avril : 14h à 15h30, à partir de 5 ans

Stages :

Bateau POP-POP au musée

Création d’un vrai bateau à vapeur à partir de matériaux de récupération. Stage de 3h ouvert à tous, à partir de 8 ans, animé par un médiateur scientifique.

Samedi 4 mars : 14h à 17h.

L’image révélée

Découverte de différentes techniques d’impressions photographiques anciennes qui ont marqué l’histoire de la photographie. Stage de 3h30 ouvert à tous, à partir de 8 ans, animé par un médiateur scientifique.

Jeudi 13 avril : 14h à 17h30.

Renseignements, tarifs et réservations : par téléphone au 01 34 78 86 60/64 ou par e-mail à sromagnan@manteslajolie.fr

Informations pratiques

Au fil de l’eau : Seine de travail

Du 25 février au 25 juin 2017

Musée de l’Hôtel-Dieu

1, rue Thiers 78200 Mantes-la-Jolie

Tél. : 01 34 78 86 60

manteslajolie.fr / contact.musee@manteslajolie.fr

Horaires

Lundi, jeudi : 9h-12h ; 14h-18h.

Mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 14h-18h.

Fermé le mardi.

Transports depuis Paris

Par train :

Gare Saint-Lazare, direction Rouen ou Evreux (1/2 heure de trajet). 15 min à pied, à proximité de la collégiale Notre-Dame.

Par route :

Autoroutes A 13 ou A 14, direction Rouen, sortie n° 11 « Mantes-la-Jolie / Est ». Suivre Centre Ville / Collégiale Notre-Dame

www.manteslajolie.fr

mantes la jolie

 

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