Le Poison d'amour- EE Schmitt

Le Poison d'amour- EE Schmitt

Le Poison d'Amour

Fluide et efficace

Après "L'Elixir d'Amour", Eric-Emmanuel Schmitt nous propose un second roman centré sur le couple, l'amour et l'amitié vus et vécus par quatre adolescentes, intitulé "Le poison d'Amour", aux éditions Albin Michel

Tout d'abord, je tiens à souligner que je ne peux pas avoir d'avis raisonnablement objectif lorsqu'il s'agit d'Eric-Emmanuel Schmidt : que ce soit "la part de l'autre",  "lorsque j'étais une œuvre d'art" ou encore "Petits crimes conjugaux", aucun de ses écrits ne m'a jamais déçu. Je vous ai d'ailleurs parlé récemment d'une de ses autres œuvres, un peu plus atypique, "Le Carnaval des animaux".
 

"Le poison d'amour" ne m'a absolument pas déçu, c'est le moins qu'on puisse dire. En à peine deux pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous propulse avec humour dans le psychodrame adolescent. Après cet article, si vous hésitez encore à l'acheter pour le lire, je vous conseille de vous rendre en librairie, prendre quelques secondes pour parcourir ces deux premières pages : je suis pratiquement certain que vous ne repartirez pas sans.
 

Et après ces deux pages, le livre se lit d'une traite avec beaucoup de plaisir. Certains passages font rire, d'autres grimacer, au fil d'une histoire finalement dramatique avec des rebondissements shakespeariens. Même si la conclusion de ce roman apparaît, à un certain point de la lecture, prévisible, la finesse d'écriture et les réflexions livrées par l'auteur nous incitent à en poursuivre la lecture jusqu'à son terme.
 

L'auteur a choisi de narrer l'histoire de quatre meilleures amies au travers d'extraits de leurs journaux intimes et d'échanges de messages, Avec ce choix de narration, on aurait pu craindre que l'écriture ressemble à tant de romans "Chick-lit", savoir une écriture terriblement simple au service d'une trame générale centrée sur des émotions vulgarisées. On peut apprécier de temps en temps ce type de roman, mais personnellement, je les trouve généralement abominablement mal écrits et la plupart du temps, je les abandonne au bout de quelques pages. De mon humble avis, "Le diable s'habille en Prada", à voir en film, c'est divertissant, à lire, c'est une torture (à moins de le lire en anglais pour se perfectionner ou dans le métro pour passer le temps).
 

Ici, Eric-Emmanuel Schmitt a évité cet écueil. En effet, bien qu'il prenne la plume d'adolescentes, il a pris le parti de conserver une écriture littéraire, en restant tout de même fluide et efficace. Les échanges mêmes entre les jeunes filles ne sont pas transcrits sous la forme de sms que l'on aurait peine à déchiffrer mais dans un style oral direct, avec de vrais mots et de vraies phrases. Ouf! Cela rend peut-être l'intrusion dans ce monde adolescent un peu moins authentique, mais, je dirais, c'est pour la bonne cause.
 

Pour conclure, avec ses quelques 165 pages, "le poison d'amour" est un livre qui se lit facilement tout en conservant un pedigree littéraire et qui convient à un public très large. Je ne peux que vous le recommander, que vous soyez un lecteur assidu ou occasionnel.  

Quatrième de Couverture

Quatre adolescentes de 16 ans veulent découvrir l'amour, autant par goût que par pression sociale... Chaque soir, après une journée passée ensemble au lycée, elles échangent des messages délivrant leurs désirs, leurs intrigues, leur impatience. Jusqu'au jour où le drame a lieu...
Y a-t-il une intoxication par l'amour ? Les idées toutes faites sur l'amour ne produisent-elles pas un poison qui empêche de vivre ? Si ces jeunes filles n'avaient pas la tête farcie d'histoires sentimentales, elles auraient abordé différemment ce moment où elles deviennent des femmes.

« Dans un rêve d'amour, tout est beau sauf le réveil. »

L'auteur

Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 43 langues et joué dans 50 pays, Éric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde.

 

 

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